Quand l’écriture tisse du lien social !

Dans le cadre du dispositif des dix mots de la langue française, édition 2020, des adhérentes de l’association ont écrit des textes, au côté de jeunes, élèves de troisième au collège Laurent Mourguet à Ecully. Une intervention inter-générationelle, rassemblant des anciens et des ados. Inter-culturelle aussi, réunissant des habitants du centre et des quartiers Pérollier-Sources. Le dispositif a été subventionné en partie par la ville. Merci à celles et ceux qui ont rendu possible cette réalisation : adhérentes, professeures, artistes peintres, fonctionnaires et élus de la ville.

L’exposition n’ayant pas eu lieu, en 2020, pour des raisons de confinement, nous en avons fait une vidéo à destination des jeunes du collège. Elle est en ligne sur le blog du collège : « 10 mots de la langue française 2020

Ballade

L’eau fluide coule d’une petite cascade. Elle est si transparente que l’on voit chaque détail qui se trouve au fond de la rivière : quelques cailloux, un peu de terre, des petits poissons et grenouilles.
Arrivée vers une mangrove, je détache ma chienne, Kira, qui court vers la cascade pour engloutir l’eau qui gicle sur les rochers. Près de moi, l’eau ruisselle ; quelques gouttelettes en tombant font « plouf », provocant des petites bulles faisant paraître l’eau, spitante.
Puis la rivière passe par une oasis qui se trouve non loin. Soudain, une ondée arrive et nous décidons de rentrer, vite.
Au loin, le paysage ressemble à une aquarelle.

Camila

 

Pique-nique en famille

Mon neveu et ma nièce ont du chocolat tout autour de la bouche après avoir englouti leur glace. Pour les débarbouiller, je dois trouver un point d’eau.
J’entends, au loin, le bruit d’un ruissellement ; je crois d’abord que c’est une oasis. Mais non, c’est une mangrove ; je découvre alors une rivière.
Heureuse d’avoir trouvé de l’eau, je les débarbouille. Une fois fini, je suis trempée, ils m’ont poussé dans l’eau. Le plouf s’est entendu de loin. Comme il fait très chaud, l’eau fraiche est fluide et agréable. Nous jouons pendant des heures.
Mais soudain, notre bonheur est interrompu par une ondée.
Voilà comment, mon aquarelle « cet après-midi au bord de l’eau » est née

Albina

 

Hammamet

Depuis la fenêtre, je vois les oiseaux rouges et blancs, aux couleurs de la Tunisie. Je les entends chantonner. La bouée toute rose de ma petite sœur flotte dans la piscine bleue.
Je sens l’odeur de viande du barbecue préparé par mon père ; tout à côté, ma mère coupe les petits légumes pour la « slata mechoui », salade de poivrons, tomates, oignons.
Mon frère se chamaille avec ma sœur, ma grand-mère malade prend ses médicaments qui la fatiguent.
Et moi, je me réveille, tout fatigué.
La fontaine coule avec facilité et harmonie… Je pense alors :
– Hum on va bien se régaler. Je vais engloutir tout le déjeuner.

Adam

 

Oasis

Assise sur la plage, le sable blanc recouvre mes jambes ; je suis face au coucher de soleil au-dessus de l’eau. Le doux bruit des vagues fluides vient m’apaiser. J’aperçois une mouette qui marche sur la plage.
Déterminée à ne pas revoir la source de ma tristesse, je décide de ne pas rentrer, préférant rester sous la pluie qui inonde mes vêtements.
Ne plus penser, libérer mes pensées, ne plus imaginer être dans ses bras….

Samara

 


Anamnèse

Sur la plage, les deux pieds dans le sable. A la tombée de la nuit, le vent soufflait à une telle vitesse, il était si puissant, que l’eau montait en vagues extraordinaires.
Au bord de l’eau, les châteaux de sable, tout fragiles, étaient ravagés par les vagues spittantes.

Junior

Aquarelle

Sur une plage abandonnée, je vois du sable blanc, très blanc avec un ciel étincelant…. Un bateau ancien, noir, échoué sur la plage et des objets éparpillés : un collier de perles cassé, une poupée brisée, une assiette ébréchée, une tasse en verre, transparente et de vieilles lunettes.
Une fée passe….

Karlène

 

Souvenir

La mer est claire, bleu azurin. Les vagues explosent et roulent sur le bord de la plage…
Assis sur le sable doré, j’admire le coucher orangé de soleil qui caresse la mer ; puis une grande vague engloutit le bateau.

Aissa

 

Fin de journée

Le soleil couchant illumine le ciel de couleurs jaune orangé qui se reflètent dans la mer. De grandes vagues roulent vers la plage ; le sable a l’air doux.
Des dauphins sautent et jouent avec l’eau, semblant vouloir attraper le soleil.
Puis, au loin, un bateau de pêche arrive et, plouf ! Il jette ses filets.

Fabion

 

Vacances au Grau du Roi

J’étais à la plage, en train de nager. Des mouettes volaient au-dessus de la mer. Il y avait de grandes vagues qui m’engloutirent, moi et les poissons.
Après avoir été avalé par les vagues, je me suis retrouvé sur la plage, allongé et blessé. J’entendais le bruit fluide de l’eau. C’était le coucher du soleil.
Tout d’un coup, plouf ! un caillou est tombé dans l’eau ; et je me suis réveillé, soudain, sous une ondée de pluie.

Ali

 

Magie à Perpignan

Je suis en vacances avec ma famille. La mer est bleu céleste.
Les vagues ruissèlent et ondulent poussées par le souffle du vent.
Et moi, je nage, sous l’eau, avec les poissons fluorescents.

Léo

 

Kirikou est petit, mais c’est mon ami

Kirikou était minuscule ; c’est pourquoi il a pu grimper sur le rocher et atteindre le trou menant à la source maudite. Il a découvert pourquoi la source était maudite, un animal vert, avec une longue trompe, buvant toute l’eau.
Il a tué l’animal.
D’un coup, l’eau a ruisselé, entrainant l’enfant Kirikou dans sa chute. Plouf ! Il est tombé dans la rivière qui l’a englouti. Il est mort.
Les habitant du village l’ont repéché ; ils étaient tout tristes et ils lui ont chanté sa musique :
– « Kirikou est petit, mais c’est mon ami ; Kirikou est petit, mais il est voyant »
Et là, la magie a opéré. Dans les bras de sa mère, Kirikou s’est éveillé.

Zohra

 

L’automne s’invite.

Le soleil blasé par la fin de l’été est contrarié par de gros nuages noirs. Ils colonisent goulument tout le ciel. Telle une aquarelle, l’horizon s’unit à cet océan déchaîné. Les premières ondées lâchent prise devant ce vent en colère. Les feuilles empourprées virevoltent comme une nuée de papillons. Derrière les vitres, la pluie ruisselle. Comme elles ont du chagrin, leurs larmes ne cessent de couler comme des fils sans fin.
Je dois consoler ces cœurs attristés et magnifier notre longère en une douce oasis. Plouf, la farine de froment, les œufs et le lait, le caramel au beurre salé’, la bolée de cidre. Puis la pâte, suffisamment fluide, va honorer l’invitation du beurre fondu. Bientôt prêtes, ces petites demoiselles en dentelles ?
Le feu crépite dans la cheminée, les flammes dansent et les enfants s’empressent d’engloutir ces symboles bretons car l’orage s’épuise. Vite cirés et bottes, l’océan nous appelle pour admirer le ressac, ce choc si violent des vagues qui se gonflent, s’enroulent avant de s’allonger sur le sable. La plage témoigne d’une météo qui part à vau l’eau ; elle ressemble à une mangrove avec ses bois flottés, ses algues entrelacées, ses galets lustrés, ses os de seiche, et ses plastiques échoués.
Devant ce désordre et avec son esprit spittant, mon petit-fils me demande :
– Manoue, comment la plage va se laver, elle est trop sale aujourd’hui ?

Annie Dallevet

 

Métamorphose d’un ruisseau.

Il pleut depuis plusieurs jours. Le jardin est gorgé d’eau, les arbres brillent sous la caresse de l’humidité. Snobs n’osons pas mettre les pieds dehors. Nous nous blottissons à l’intérieur, oasis chaleureuse autour de la cheminée. Le feu sautille sur la grosse bûche qui se consume. Par la fenêtre, on voit ruisseler l’eau le long des chemins pentes. C’est bien plus qu’une ondée.
Profitant d’une accalmie, enfin nous sortons, toute la famille, père, mère, enfants pour aller voir la cascade au fond du jardin : c’est l’attraction à chaque orage. Les sentiers ne sont plus qu’une boue qui déferle. Ils transportent un magma grisâtre, émettant un son sourd et inquiétant.
Nous imaginons déjà une forte chute d’eau spitante. D’habitude, il ne descend qu’un mince filet d’eau le long delà paroi. C’est le ruisseau des Planches qui traverse Ecully et passe par notre jardin. Chaussés de nos bottes et approchant de l’endroit fabuleux, nous dévalons les allées transformées en fleuve.
On entend le bouillonnement de l’eau qui tombe avec fureur. Il semble engloutir la végétation la réduisant à l’état de mangrove. Enfin arrivés, nous trouvons le paysage transformé. La cascade est à son maximum. Au pied de sa chute, c’est un lac ! On ne voit plus les galets qui nous sont familiers. Et quelle surprise ! On voit des truites ! Elles sautent et plouf retombent les unes après les autres. Des racines et des feuilles mortes flottent à vau-l’eau.

Janine Guilliermond

 

Mes premières vacances

J’aurais sûrement souhaité des pays plus lointains, plus exotiques pour mes premières vacances…. J’avais tout juste 11 ans mais, depuis l’âge de 5 ans, j’avais déjà beaucoup voyagé grâce à mes lectures. J’avais savouré des mots extraordinaires comme « mangroves » ces forêts de végétaux enchevêtrés fourmillant d’animaux inquiétants ou bien, « oasis », ce mot dont je me gargarisais de la fraicheur qu’il dégageait.
Mais le destin voulut que mes premières vacances se passent … à Beaulieu sur Dordogne.
J’avais été malade. Mes parents, ne partant pas en vacances, avaient accepté que je parte avec ma cousine Linette âgée de 18 ans dans ce petit village de Corrèze où mon oncle avait des connaissances. Mais il avait fallu que je jure à ma mère que je ne mettrai pas les pieds dans la rivière ou alors jusqu’à la cheville. Elle avait peur que je me noie.
Je garde un excellent souvenir de ces vacances, les cloches de l’église toute proche qui sonnait tous les quarts d’heure, même la nuit, nos repas dans un couvent où, seules jeunettes, nous nous faisions gâter.
Je me souviens surtout de nos après-midi au bord de la Dordogne, torture et bonheur à la fois. J’ai toujours aimé l’eau. Quel supplice de ne pouvoir qu’effleurer la rivière de mes orteils. Oh ! je la regardais couler, fluide et tranquille, je l’écoutais chanter, je jouais avec elle : je lançais, dans le courant, des bâtons qui, après avoir hésité, filaient à toute allure et, parfois se faisaient engloutir dans une cascadelle. Je recherchais des pierres plates et faisait mes premiers ricochets…. Mais je refusais catégoriquement toute ballade en barque, ou même de traverser une petite mare. Ma cousine enrageait. Tous ses projets allaient à vau l’eau. Elle pestait « il ne va quand même pas falloir attendre une ondée pour que tu acceptes d’être un peu mouillée ».
Nous nous étions liées d’amitié avec une bande de filles délurées à l’esprit spitant Elles étaient pleines de ressources. Nous faisions des jeux, des activités manuelles, de petits tableaux à l’aquarelle et même de vraies chaussures en raphia que nous tressions et cousions. Elles n’avaient peur de rien et se moquaient, bien sûr, de mon obéissance,
Le dernier jour, Linette ma cousine explosa « elle nous embête ta mère, allez on traverse ! » et j’ai craqué : ce n’était qu’un petit bras de la rivière, mais j’avais de l’eau… fraîche jusqu’aux cuisses. Mon pied glissa sur un galet vaseux et plouf dans l’eau ! Non je ne me suis pas noyée, je me suis seulement relevée ruisselante pour le plus grand plaisir de ma cousine.

Nicole Geleen

 

Verseau

C’est le jour du verseau, « celui qui verse l’eau ».
C’est justement d’actualité ; la pluie s’annonce, chic ! Je chausse mes bottes et enfile mon ciré. Allons voir, me dis-je, si les vagues me parlent. Le ciel est fade couvert de nuages nébuleux, quelques taches de bleu aquarellisent la voute céleste, comme des oasis d’espérance.
Rien ne manque, l’air vif et frais, l’ondée, le ressac d’une vague échevelée qui me déguise en éponge, me couvrant d’une mousse blanche. Les vagues s’engouffrent dans les rochers. L’eau ruissellent et inonde de petits bassins rocheux et sombres où vivent crustacés et coquillages cachés dans la mousse verte aux algues brunes. Tout ce petit monde fonctionne comme dans une mangrove.
L’humidité m’imprègne, le vent me refroidit et mes bottes font ploc-ploc à chaque pas… un fluide me glace le corps, il est temps de rentrer !

Michèle Pagès

 

L’appel de l’eau

J’entends l’appel de l’eau me fait entendre surtout celle qui flue et coule sous mes pas dans ce lit du Lignon. Cette petite rivière cherche à échapper à mon avance maladroite, bottée jusqu’aux dents, entre les pierres glissantes… à peine apparentes. Il a creusé son nid au fond des gorges où je m’aventure volontiers, canne à pêche et besace en bandoulière : j’y arpente les genêts et bruyères sauvages si odorantes après l’ondée.
Ce jour-là, c’est avec un guide de la fédération de pêche…car la truite Faro du coin ne s’attrape qu’avec une méthode, celle dite « à la mouche », art majeur des pêcheurs : terrible gageure… douleurs d’épaules et fierté assurées !
– « Hé là…votre geste pour le lancer doit être fluide et l’envol de votre ligne am plem ent déployé. Si vous voulez raser ces b ranches b asses, déposer votre appât précisément à leurs pieds, callez-vous en amont du courant, entre ces galets engloutis, sinon votre mouche fera « plouc ». Scruter du regard l’ondoiem ent des gob ages furtifs ; la truite ne doit pas vous savoir là. Si belles à choisir suivant la présence des éphémères du jour, la mouche en plumes si fines s’offrira à ses yeux en vrai festin …. Un peu comme le mirage d’une oasis ! »
J’en vois une, là, cachée dans cette sorte de mangrove, en bordure du rebond instable qui fait friser l’eau. Une autre plus vive, spitante, qu’à mon touché, raté, le fond avale tout cru ! Malignes, elles voient tout, partout, même mon ombre maladroite. La combattre avant que tout aille à vau l’eau ? Y arriverai-je ? Art incroyablement raffiné, le lancer patiemment répété, s’apprivoise comme la magie des couleurs d’aquarelle … Art qui ne pardonne rien !

Mireille Ledru

 

 

 

 

 

 

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